Mais ce morceau – auquel certains attribuent des pouvoirs surnaturels, voire sataniques – déplait à l'Église catholique, qui le met à l'index, et aux autorités, qui emprisonnent Wendo. Le 78-tours franchit cependant les frontières pour devenir la première œuvre musicale panafricaine. Wendo, libéré, voit sa popularité croître, et il se lie d'amitié avec Patrice Lumumba.
Autodidacte à la guitare, il crée, en mêlant les technologies modernes aux rythmes traditionnels congolais, afro-cubains (rumba) et antillais (matiniqué), la rumba congolaise, qui va se propager, dans les années 1950, d'abord à Brazzaville et à Léopoldville, puis à l'Afrique tout entière.
L'assassinat de Lumumba, en 1961, les troubles politiques dans son pays devenu indépendant ainsi que la mutation de la rumba en une sorte de dance music dite soukous conduisent Wendo à interrompre sa carrière. Mécanicien de bateaux sur le fleuve Congo ou boxeur, sa trajectoire est alors celle dont on fait les légendes.
En 1997, Wendo Kolosoy revient avec l'arrivée de Laurent-Désiré Kabila au pouvoir. Il sort alors l'album « Nani Akoleka Wendo ? » où il chante notamment que tout le monde le croit mort à Kinshasa. Il ré-enregistre pour l'occasion « Marie-Louise » (1999) et d'autres parmi ses plus grands titres ; et sort l’album « Amba » (2002). En 2004, Wendo Kolosoy enregistre son dernier album « Banaya Papa Wendo », riche d'une dizaine de chansons. « Papa Wendo » meurt le 22 juillet 2008, à Kinshasa, à l’âge de 83 ans. Jacques Sarasin lui a consacré un documentaire, On the Rumba River (2007).
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En mars 2011, le coffret « Botyiaki Ntembe » est sorti et permet d'avoir un aperçu des grands moments de sa carrière en deux CD.
Sources :
http://www.universalis.fr/encyclopedie/antoine-wendo-kolosoy/