Dambisa Moyo
Economiste zambienne, née à Lusaka en 1969. Elle est diplômée de l’Université d’Oxford (doctorat en sciences économiques), d’Harvard (Master en sciences économiques), et de l’Université de Washington (MBA en finances et licence en chimie).
Elle a travaillé comme consultante pour la Banque Mondiale, de 1993 à 1995. De 2001 à 2008, elle travaille à Goldman Sachs, en tant que chef de la recherche économique et de la stratégie pour l'Afrique subsaharienne.
En mai 2009, le magazine TIME classe Dambisa Moyo parmi les 100 personnes les plus influentes du monde.
Elle est l’auteur de l'essai « L'aide fatale : Les ravages d'une aide inutile et de nouvelles solutions pour l'Afrique », classé en vingt-neuvième position des meilleures ventes par le New York Times, en avril 2009.
L'essentiel du livre, après une critique acerbe sur l'inefficacité de l'aide publique, propose des solutions alternatives à la dépendance systématique des pays pauvres à l'aide publique.
Voici quelques idées développées par l’économiste :
· L'aide à l'Afrique est en partie responsable des problèmes de développement : l'aide est perçue comme une ressource permanente par les Etats récipiendaires. Cela permet à de nombreux gouvernements africains d'abdiquer leurs responsabilités puisqu'ils savent que d'autres financeront l'éducation, la santé ou les infrastructures nécessaires au décollage économique de leur pays.
· L'aide ne marche pas car les pays africains dépendant de l'aide n'ont pas à s'inquiéter de ce que souhaite véritablement la population puisque leurs ressources dépendent d'impôts levés à l'étranger.
· La démocratie n'est pas indispensable au décollage économique, un dictateur éclairé serait parfois préférable : La démocratie est un régime politique qui ne peut que se développer avec l'émergence d'une classe moyenne en position de demander des comptes au pouvoir.
Les pays occidentaux ont d'ailleurs pris acte de l'échec de la démocratie dans de nombreux pays africains. Au Kenya ou au Zimbabwe, la communauté internationale s'est efforcée de rapprocher la majorité et l'opposition pour qu'ils exercent le pouvoir ensemble. Il n'y a plus aujourd'hui d'opposition au Zimbabwe.
· L'aide des pays riches constitue une rente au même titre que le pétrole ou d'autres matières premières. C'est une incitation à ne rien faire pour améliorer l'environnement économique.
· La période coloniale n’explique pas les difficultés du continent. La Chine, l'Inde, l'Indonésie ont été colonisés. Cela ne les empêche pas de se développer rapidement aujourd'hui.
· Pourquoi les pays riches continuent-ils de déverser autant d'argent en Afrique ?
Il y a comme un impératif moral pour les pays riches à aider les pays pauvres. Or, les économies africaines tireraient un bien meilleur avantage d'une ouverture du marché européen à ses produits, notamment agricoles. Mais pour cela, il faudrait revoir la politique agricole commune (Pac).
· Quelle alternative ? Les pays riches pourraient proposer un doublement de l'aide pendant dix ans avant d'y mettre un terme. Cela serait plus efficace que la perspective d'une aide permanente.
· La Chine n'est pas en Afrique par charité mais pour y faire des affaires. Les Chinois ne donnent pas leur argent sans retour. Les entreprises chinoises viennent parfois avec leurs propres salariés, mais elles ont contribué à créer de nombreux emplois.
NB : Juste après avoir lu son livre, le président rwandais Paul Kagamé a fait venir à Kigali l'économiste zambienne pour un exposé devant l’ensemble du gouvernement rwandais.
« Dead Aid: Why Aid is Not Working and How There is a Better Way For Africa » / L'aide fatale : Les ravages d'une aide inutile et de nouvelles solutions pour l'Afrique, éditions JC Lattès.
Sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dambisa_Moyo
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