Devant le paysage lunaire qu'offre la gigantesque étendue de sable, il est difficile d'imaginer une avenue principale aux dimensions des Champs Elysées à Paris, des gratte-ciels dignes de Manhattan, des marinas et des appartements somptueux surplombant l'Océan Atlantique.
Entièrement construit sur des tonnes de sable dragué au fond de l'océan, le projet avait pour but initial de contrer les agressions de l'Atlantique, qui a grignoté des centaines de mètres de littoral, à cet endroit. Les travaux ont commencé en 2008 et en 2013, 5 km² de terrain abandonné à la mer au fil des décennies ont déjà été récupérés. La première entreprise de dragage de Chine, la China Communications Construction, a commencé les travaux de dragage en 2009. Il s'agira ensuite de construire des digues de protection sur le périmètre extérieur pour mettre la ville à l'abri de l'océan. Des blocs de béton de plusieurs tonnes, assemblés selon une technique savamment étudiée au Danemark, forment déjà une partie du « grand mur de Lagos » (de 7 km de long), censé protéger la nouvelle ville et le reste de la mégalopole de l'océan, en dissipant l'énergie des vagues.
Pour la mise en œuvre du projet, « Eko Atlantic Development » a été créé par la principale entreprise de travaux publics et de construction d'Afrique de l'Ouest, le Chagoury Group. Ronald et Gilbert Chagoury, deux frères d'origine libanaise, incontournables du milieu des affaires nigérian, gèrent ce projet de plusieurs milliards de dollars, à travers la société South Energyx, une des filiales de leur groupe. L'État de Lagos est associé au projet, qui doit être financé par des fonds privés.
La nouvelle ville a pour vocation de devenir un carrefour des affaires à l'échelle du continent, et les promoteurs espèrent attirer des hommes d'affaires du monde entier et une élite locale fortunée, dans la capitale économique de la plus grosse puissance pétrolière africaine. Quatre voies d'accès relieront le réseau routier de Lagos. La nouvelle ville se développera sur sa propre infrastructure, gérée de manière indépendante. Selon David Frame, le directeur de South Energyx, cette ville sera gérée de façon entièrement privée et même sa sécurité sera privatisée, afin de répondre aux standards internationaux. Ses heureux occupants auront donc de l'électricité 24 heures sur 24 et de l'eau potable grâce à une usine de traitement propre -un luxe au Nigeria, où les coupures de courant sont quotidiennes et où beaucoup n'ont pas l'eau courante. Eko Atlantic aura aussi son propre système d'égout ; un système de télécommunications dernier cri, basé sur la technologie de la fibre optique…
Sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Eko_Atlantic_City